Chaque personne prend un chemin dans la vie qui diffère de celui de son voisin. Si certains décident d’étudier en médecine, d’autres ressentent le besoin de travailler dans un domaine plus manuel, la construction par exemple. Si la vie de joueur de baseball professionnel peut sembler facile à première vue, les jeunes hommes qui s’aventurent sur la sinueuse route du baseball affilié apprennent rapidement que la vie n’est pas toujours rose dans cette jungle où ton meilleur ami peut, du jour au lendemain, te voler ton emploi. Après avoir quitté sa ville natale à l’âge de 18 ans, le polyvalent joueur d’avant-champ, frappeur désigné et lanceur, Jeremy Hunt a vécu l’expérience de passer de l’adolescence à l’âge adulte via les bancs d’autobus inconfortables et les repas douteux du baseball affilié. Après avoir été repêché en 28e ronde par l’organisation des Padres de San Diego lors de la séance de sélection de 2006, il a pris le chemin de l’équipe affiliée aux Padres dans la Ligue des recrues, route qui le mena en Arizona, à quelques 3 600 km de son Tampa natal.
La vie au collège…
Avant de se retrouver là, cependant, il a d’abord dû se diriger vers les bancs d’école, où il a d’ailleurs terminé ses études en administration. Quitter la maison pour les études, ou dans le cas présent pour poursuivre son rêve de jouer un jour dans les grandes ligues est une étape déterminante dans la vie de toute personne. Selon Hunt, « quitter la maison pour la première fois, c’est le plus difficile. Après, tu t’habitues et d’une année à l’autre c’est du pareil au même ». Si la vie dans les mineures peut parfois être rocambolesque, Hunt admet que dans les collèges américains, « tout est très structuré. Tu fais tes affaires, tu joues beaucoup moins souvent et tu conserves les mêmes coéquipiers toute la saison ce qui facilite grandement l’adaptation. » Le jeune homme de 27 ans a parcouru les États-Unis d’un océan à l’autre pour poursuivre son rêve, alors que de la Floride, il a aboutit en Californie, en passant par des collèges du Maryland et de la Pennsylvanie et maintenant, c’est un tout autre défi qu’il relève, alors que c’est au Canada, dans une ville francophone qu’il se retrouve!
La vie dans les mineures…
C’est bien connu, la route qui mène la crème des joueurs de baseball tout en haut de la hiérarchie du baseball est souvent parsemée d’embuches. « Les saisons dans le baseball affilié sont beaucoup plus longues que celles du collège. Le plus difficile, c’est de s’habituer à jouer chaque jour. C’est dur sur le corps! » affirme le sympathique joueur de premier but aussi utilisé au poste de releveur. Mis à part les heures passées dans les autobus, les nuits dans les hôtels douteux, les lits inconfortables et la nourriture de piètre qualité, au bout du compte, ce qui importe c’est de réaliser son rêve de jeunesse alors que chaque jour qui passe vous en rapproche ou vous en éloigne…
Chaque saison un nouveau groupe se forme, et ça fait aussi partie de la réalité d’un sportif professionnel de savoir s’adapter à des gens qui sont originaires d’un peu partout en Amérique et parfois même des quatre coins du monde. « Tu passes le plus clair de ton temps avec des gars et par le fait même tellement de personnalités différentes et sans cesse tu dois t’adapter. Du jour au lendemain, un gars qui était ton meilleur ami s’en va, c’est comme ça dans les mineures », relate Hunt.
Et le charme de Québec...
Si l’espoir de retourner un jour jouer dans une organisation des Ligues majeures est toujours bien vivant chez lui, Hunt se plait fort bien à Québec et il ne déguerpira pas dès le premier appel. Celui qui a passé trois saisons dans diverses équipes du baseball affilié avant d’atterrir dans la Vieille Capitale, apprécie grandement le professionnalisme de l’organisation québécoise. « Ce qui est génial ici, c’est qu’on est traité comme de vrais professionnels, et pas seulement comme un numéro. Toutes les personnes qui entourent l’équipe sont toujours disponibles et c’est super de se sentir apprécié », affirme le réservé joueur américain. Le numéro 21 des Capitales ne cache cependant pas que de prime abord il était quelque peu réticent de poursuivre sa carrière au Canada, dans une ville francophone de surcroit. Habitué aux changements et aux défis, il s’est donné la chance de connaitre la ville et les gens et il s’y plait plus que jamais, un peu plus d’un mois après le début de la saison. « C’est vraiment super d’évoluer devant d’aussi bonnes foules chaque soir. La saison dernière, à Sussex, c’était tout à fait l’opposé. Les amateurs sont derrière nous et c’est une motivation supplémentaire qui nous amène à nous dépasser chaque soir », termine le joueur polyvalent par excellence des Capitales. Et gageons qu’au rythme où sa moyenne au bâton augmente et sa moyenne de points mérités diminue, il saura se faire de nombreux amis, tant chez ses coéquipiers que chez les fidèles partisans de l’équipe!