Descripteur des parties des Expos de Montréal à la radio pendant 33 ans et descripteur des rencontres des Capitales de Québec depuis 2006, Jacques Doucet vous invite à suivre son blogue de façon régulière sur le site internet des Capitales. N'hésitez surtout pas à lui poser des questions à l'adresse jdoucet@capitalesdequebec.com.
SVP…ne tuez pas l’arbitre!
Je sais que c’est frustrant…enrageant…et que cela semble facile du haut des gradins ou de la galerie de la presse ou encore d’un studio de diffusion.
Mais, si vous n’avez jamais été (et c’est mon cas) dans les souliers ou l’uniforme d’un arbitre, le spectateur semble toujours croire que l’arbitre est dans l’erreur lorsqu’il rend une décision qui n’est pas favorable à l’équipe que l’on favorise.
Vrai ou faux?
Et pourtant, les hommes en bleus ou encore vêtus d’un chandail rayé qui sont les juges suprêmes des compétitions sportives, sont des êtres humains comme les gens qui assistent aux matches. Des êtres humains avec leurs qualités et leurs défauts et avec des doses variables d’acuité visuelle et de jugement.
Combien de fois, en regardant un match à la télé, avez-vous dû voir la reprise selon deux ou trois angles différents avant de réaliser que la décision de l’arbitre était la bonne ou la mauvaise? Pourtant, ce dernier ne jouit pas de ce privilège et il doit rendre sa décision en une fraction de seconde. S’il hésite le moindrement, il s’expose à la critique de la part de l’équipe défavorisée.
Certains sports professionnels de haut niveau, comme le baseball majeur, le football et le hockey ont adopté, avec plus ou moins de réticence le recours à l’électronique dans certains cas. Pas tous. Et je suis d’accord que l’erreur humaine a sa place chez les arbitres, autant que l’erreur humaine est présente chez les athlètes impliqués dans les matches.
C’est bien dommage, comme dans le cas du jeune lanceur des Tigers qui a été privé d’un match parfait en raison de la mauvaise décision de l’arbitre posté au premier coussin, comme c’est dommage qu’une équipe de baseball majeur ait perdu une série mondiale en raison du mauvais jugement d’un arbitre ou encore qu’une équipe ait été privée d’un but dans le cadre du Mundial de soccer.
Vous me direz que le spectateur paie assez cher son billet d’admission et qu’il a le droit d’exprimer ses sentiments de frustration à l’endroit des athlètes et des officiels…Mais comme le dit un slogan que vous connaissez sans doute : « La modération a bien meilleur goût» !
Combien de gens, après avoir vociféré contre un arbitre…mais avoir réalisé que l’officiel avait raison, ces mêmes gens vont-ils s’excuser auprès de cet homme?
Cela n’arrive jamais.
Pensez-y bien…surtout quand vous allez assister à une partie de baseball, football, hockey ou soccer amateur. La personne qui agit comme arbitre fait de son mieux. Et si vous croyez être en mesure d’accomplir un travail supérieur au sien, pourquoi n’allez-vous pas vous inscrire pour suivre un cours d’arbitrage?
Après quelques matches passés à entendre les invectives des spectateurs à votre endroit, aurez-vous le goût de vous retourner vers vos détracteurs et de leur crier : « Si tu es si fin que cela, viens donc prendre ma place! »
Et vous allez rapidement constater qu’il n’y aura pas beaucoup de preneurs!
Par Jacques Doucet