On dit que les vrais gagnants trouvent toujours une manière de gagner. Rien de plus vrai ne pourrait être dit au sujet de l’édition actuelle des Capitales. Après avoir perdu des bons bras de la rotation des partants, ce sont par la suite les joueurs de position qui ont commencé à tomber au combat. Patrick Deschênes a subi une élongation musculaire au mollet tout juste avant le début d’une rencontre disputée il y a quelques jours, Alex Nunez est au chevet de sa fiancée qui a donné naissance à une petite fille, Sébastien Boucher s’est blessé au genou en glissant en tentative de vol au deuxième but et Rene Leveret serait aux prises avec un léger malaise à une cuisse…
Patrick Scalabrini a donc du passer de nombreuses heures au téléphone au cours des derniers jours afin de trouver des renforts à l’équipe amoindrie par les blessures. On a notamment vu le lanceur Nolan Nicholson donner un coup de main à l’équipe sur la route alors qu’à Québec Kevin Denis-Fortier, Greg Byron, Dan Rossignol et Jared Lemieux se sont greffés à l’alignement. Les deux premiers n’ont été de passage que pour quelques rencontres alors que les deux autres accompagnent l’équipe temporairement renouvelée de Patrick Scalabrini lors du présent périple au New Jersey. Contre les Jackals, on a finalement eu l’occasion de revoir Morgan Brown, qui remplace Patrick Deschênes au troisième coussin, alors qu’Andy Schon, qui a été recommandé par Dan Sausville, a obtenu son premier départ dans une rencontre l’opposant à l’excellent A.J. Wideman.
Plus tôt cette saison, le gérant des Capitales a affirmé qu’il adorait son équipe, entre autres parce que chaque soir ils trouvaient une manière de gagner et la fiche actuelle de 18 victoires et 4 revers prouve qu’il avait bien raison. Soir après soir, malgré l’infirmerie qui déborde, un joueur différent se lève et fait la différence. Entre temps, les autres font les petites choses simples à la perfection et une à la fois, les victoires s’accumulent, ne laissant aucune marge de manœuvre aux autres formations de la Ligue Can-Am.
Une rotation à rebâtir…
Au cours des dernières semaines, Scalabrini a dû jouer au bricoleur avec sa rotation de lanceurs partants. Digne d’un contremaitre des Anges de la rénovation, il a muté ses meilleurs releveurs, Matt Rusch et Andrew Albers à la rotation de cinq partants en plus d’utiliser Dan Sausville comme numéro un plutôt qu’au cinquième rang étant donné ses statistiques exceptionnelles en ce début de saison soit 4-0 avec la meilleure moyenne de points mérités de la Ligue Can-Am à 1.04. Michel Simard occupe présentement le poste de deuxième partant, mais sa place au sommet devrait lui revenir dès qu’il aura retrouvé l’aplomb naturel auquel il a habitué les amateurs présents au Stade municipal match après match. La plus récente acquisition du gérant, qui besogne fort pour mener son équipe à la victoire, est Andy Sch
on. Schon a été recommandé par ce même Sausville qui ne cesse de surprendre tout le monde dans l’entourage de l’équipe depuis son arrivée à Québec en 2009. Reste à espérer que l’adage qui dit que « qui se ressemble, s’assemble » sera aussi vrai dans ce cas et que Schon saura faire écarquiller les yeux autant que son copain natif de l’État de New York.
Dans son nouveau rôle de lanceur partant, Matt Rusch est à l’image de ce qu’il était dans l’enclos de relève depuis le début de la saison, c’est-à-dire exceptionnel. Rusch se pavane présentement avec la troisième meilleure moyenne de points mérités de la Ligue Can-Am avec 1.96, en plus d’avoir inscrit trois victoires et aucun revers à sa fiche personnelle. Lorsqu’il est au monticule, l’adversaire ne frappe que pour .150 et présente un maigre pourcentage de présence sur les buts de .181. Quant à Andrew Albers, la seule patte gauche dans le personnel de lanceurs de Scalabrini et Purcell, il excelle depuis sa toute première présence au monticule chez les Capitales. N’ayant pas encore été utilisé comme partant, il ne fait aucun doute dans la tête des instructeurs qu’il saura relever avec brio ce nouveau défi qui se présente à lui. Jusqu’à maintenant, il a lancé 17 manches et deux tiers et présente une MPM de 1.02 alors qu’il n’a accordé que 11 coups sûrs aux frappeurs adverses en plus d’en retirer 17 sur des prises.
Un enclos qui résiste à la tourmente…
Dans l’enclos maintenant amputé de Derek McDaid, le stoppeur numéro un de l’équipe, de Matthew Rusch, promu à la rotation de partants, et d’Andrew Albers, qui devrait aussi être muté chez les partants sous peu, les releveurs doivent se serrer les coudes pour passer à travers la tempête qui souffle sur eux. Depuis le début de la saison, malgré une sortie difficile lors de sa deuxième présence au monticule, Sean Gregory rend de fiers services à l’équipe. En compagnie d’Albers, il détient le plus grand nombre d’apparitions au monticule, avec 12, et c’est aussi le releveur à avoir lancé le plus de manches, soit 19.2. S’il a donné sa part de points à l’adversaire, soit 11, il est cependant une pièce de casse-tête importante dans le jeu de Scalabrini en raison de sa disponibilité et de son attitude exemplaire. D’un autre côté, on peut dire que le gérant québécois à eu la main heureuse lorsqu’il a mis sous contrat le polyvalent Jeremy Hunt au printemps 2010. En effet, en plus de pouvoir évoluer comme joueur d’avant-champ ou comme frappeur désigné, Hunt a su, jusqu’à maintenant, tirer son épingle du jeu au monticule. Monté sur la butte à six occasions, pour un total de 11 manches et un tiers, il n’a accordé à l’offensive adverse qu’un seul point mérité en plus d’enregistrer une victoire à son dossier.
Enfin, Adam Arnold a de grands souliers à chausser. En effet, avec l’absence de Derek McDaid, il devient le lanceur de « puissance » de l’enclos. S’il avait prouvé à tout un chacun qu’il avait grandement travaillé sur son contrôle au cours de l’hiver, il a cependant connu quelques sorties plus laborieuses dernièrement. Au total, il a lancé 13 manches complètes, au cours desquelles il a accordé 11 points, tous mérités, mais a aussi retiré 15 frappeurs sur des prises. Lorsqu’il est en pleine possession de ses moyens, Arnold est un lanceur dangereux et la lourdeur de ses lancers fait qu’il devient difficile de frapper ses balles. Il a démontré qu’il était capable du meilleur, alors il ne fait nul doute que ses prochaines sorties seront à la hauteur de son talent et qu’il retrouvera la confiance nécessaire à un jeune releveur, devenant ainsi un atout important pour le gérant recrue.
Une attaque à toute épreuve!
Si, à l’aube de la saison, l’attaque constituait fort probablement le plus gros point d’interrogation, elle s’avère être une surprise plus qu’intéressante. Certes, les Capitales ne trônent pas au sommet en ce qui à trait à la moyenne de puissance, mais lorsqu’on regarde le nombre de buts sur balles que les frappeurs de la troupe québécoise ont soutirés aux lanceurs adverses, soit 106, il est facile de comprendre pourquoi leur pourcentage de présence sur les buts est le plus élevé de la ligue avec .389. C’est en travaillant en équipe et dans le même sens que les joueurs parviennent à produire chaque point important et nécessaire pour remporter la victoire à tous les soirs. Au chapitre des points marqués, les Capitales sont loin devant, avec 152 alors que le Rox de Brockton en compte 125. Même chose lorsqu’il est question des points produits alors que l’équipe de Scalabrini en a 132 d’inscrits à sa fiche, pendant que Brockton en a 114. C’est en frappant des coups sûrs et en exécutant bien les jeux de routine que les points viennent marquer et c’est une recette qui semble sourire à cet alignement de frappeurs talentueux.
Si on regarde du côté individuel, Sébastien Boucher et Alex Nunez connaissent bien évidemment un début de saison du tonnerre. Les deux joueurs trônent au sommet du classement des frappeurs de la Ligue Can-Am avec des moyennes au bâton respectives de .439 et .413 et leurs succès individuels ne sont certainement pas étrangers au début de saison fracassant de l’équipe de l’heure de tout le baseball indépendant! On retrouve des Capitales dans les autres catégories de meneurs en offensive, notamment Rene Leveret qui est troisième au chapitre des points produits avec 20, tout juste derrière Sébastien Boucher qui en a quant à lui 23. Lorsque ces joueurs clés doivent prendre une soirée de congé, les jeunes prennent le relais. Un soir, Patrick D’Aoust va frapper pour 3 en 4 et l’autre, Marc-Olivier Jodoin-Mimeault aura une production de 4 en 5 avec 2 points marqués et 3 points produits. Le lendemain Boucher sera de retour et frappera un circuit de 3 points alors que deux jours plus tard, Josh Colafemina produira le point gagnant sur un amorti sacrifice. Chez les Capitales, c’est comme ça et ça a toujours fait partie de la philosophie de l’équipe qui se perpétue année après année… Les joueurs individuels ne sont pas les bienvenus à Québec et LA vedette de l’équipe change à chaque rencontre… c’est tout simplement celui qui aura su, ce soir-là, se lever pour guider ses coéquipiers vers une victoire de plus inscrite à la fiche de l’équipe.
Un championnat à reconquérir…
En fin de compte, on peut se demander, mais qu’est-ce donc que la recette miracle de Scalabrini et ses acolytes? C’est en fait aussi simple que de réaliser une recette de gâteau McCain… Ça prend des joueurs d’équipes qui sont prêts, soir après soir, à travailler ensemble pour participer au succès collectif plutôt qu’individuel. Lorsqu’on discute avec les nouveaux venus, ceux qui ont évolué pour d’autres équipes de la ligue auparavant, la première chose dont ils parlent, c’est du vestiaire et de l’ambiance de camaraderie qui y règne. Et lorsqu’on compare, sur papier, les Capitales à une équipe comme celle des Jackals du New Jersey, il est approprié de se questionner sur les raisons qui expliquent que la formation québécoise ait balayé la première série contre la troupe de Joe Calfapietra, et ce, en dépit de la quantité de travail supplémentaire dont doit s’acquitter Jean-Philippe Boivin, le thérapeute des Capitales… Disons simplement que si c’est vrai que ce qui ne nous achève pas nous rend plus forts, la sympathique formation de Patrick Scalabrini peut très certainement rêver, en 2010, d’un beau conte de fée couronné de succès…
Rébecca Blouin