Le tournoi olympique de hockey, qui s’est terminé en fin de semaine dernière sur une victoire dramatique et historique du Canada dans le match de la médaille d’or, a soulevé les passions partout au pays. La qualité des équipes, dont les alignements comprenaient plusieurs joueurs de la Ligue nationale de hockey, a donné droit à un tournoi extraordinairement relevé, où même des puissances comme la Russie et la Suède ne sont pas parvenues à franchir les quarts-de-finale.
Maintenant, Gary Bettman songe à retirer les joueurs de la LNH du tournoi olympique lors des Jeux de Sotchi, en Russie, en 2014. Le commissaire ne voit pas l’intérêt à interrompre la saison de hockey pendant deux semaines et traverser l’Atlantique et l’Europe pour participer à ce tournoi. Étrangement, le baseball vit une situation encore plus délicate sur la scène internationale.
De 1992 à 2008, le baseball a fait partie du programme officiel des Jeux olympiques d’été. Cependant, il a été exclu des Jeux de Londres, qui auront lieu à l’été 2012. Les joueurs du baseball majeur n’ont jamais eu le droit de participer aux Olympiques, puisque la présence de ceux-ci obligerait les autorités des majeures à imiter la LNH en interrompant pendant quelques semaines le calendrier régulier. Contrairement au hockey où il est possible de condenser le calendrier, une pause de la saison de baseball n’est pas possible sans allonger considérablement la saison. Déjà que la Série mondiale se termine au début du mois de novembre, il ne serait pas du tout approprié de jouer au baseball à New York ou Boston à l’approche du mois de décembre.
Par contre, le baseball est un sport réellement international, pratiqué un peu partout dans les Amériques ainsi qu’en Asie, en Océanie et dans certains pays d’Europe. Afin de pallier à la situation, le baseball majeur a instauré, en 2006, la Classique mondiale de baseball, un tournoi international disputé au mois de mars, pendant les camps d’entraînement, à tous les quatre ans. Bien que la formule soit intéressante, le niveau de jeu n’est pas optimal puisque les athlètes sont encore dans leur processus de mise en forme. Les lanceurs sont limités sur leur nombre de lancers et plusieurs joueurs décident de ne pas participer à ce tournoi afin d’éviter des blessures.
Et puisqu’il est permis de rêver (on va s’accorder ce petit privilège ici), imaginons ce à quoi pourrait ressembler un véritable tournoi de style olympique qui réunirait les meilleurs pays et les meilleurs joueurs de baseball du globe. Les pays asiatiques, qui ont l’habitude de dominer les compétitions internationales (il existe d’excellentes ligues au Japon, en Corée du Sud et à Taiwan), et la redoutable équipe nationale cubaine (une autre puissance mondiale puisque les joueurs cubains n’ont pas le droit de jouer aux États-Unis en raison de l’embargo entre les deux pays), recevraient enfin une digne compétition de la part des puissances américaines. Les États-Unis, le Venezuela, la République Dominicaine, Puerto Rico, le Mexique, le Panama et même le Canada pourraient prétendre à la médaille d’or.
Question de s’amuser un peu, voici ce à quoi pourrait ressembler la formation canadienne de 25 joueurs dans une telle compétition internationale.
Formation partante
Receveur : Russell Martin, Dodgers de Los Angeles
Un bourreau de travail derrière le marbre, il a déjà deux participations au match des étoiles, un bâton d’argent et un gant d’or à son actif.
1er but : Justin Morneau, Twins du Minnesota
Possiblement le meilleur joueur canadien actuellement. Il a été le joueur par excellence de la Ligue Américaine en 2006 et il peut prétendre à ce titre année après année.
2e but: Brett Lawrie, Brewers de Milwaukee (AA)
Âgé d’à peine 20 ans, il a déjà atteint le niveau AA. Il figure au 59e rang sur la liste des meilleurs espoirs du baseball majeur selon Sports Illustrated.
3e but : Mark Teahen, White Sox de Chicago
Extrêmement polyvalent, il est aussi un très solide frappeur gaucher. Il a une moyenne au bâton en carrière de .269.
Arrêt-court : Pete Orr, Nationals de Washington
Il s’agit d’une position où le Canada n’est pas très bien nanti. Orr est un deuxième-but de carrière, mais il a suffisamment d’expérience et de polyvalence pour s’acquitter de cette position dans un court tournoi.
Voltigeur de gauche : Michael Saunders, Mariners de Seattle
Un espoir très prometteur, Saunders est le voltigeur de gauche d’avenir des Mariners. Il a frappé pour .310 au niveau AAA l’an dernier.
Voltigeur de centre : Jason Bay, Mets de New York
Pas le plus doué en défensive, Bay est néanmoins une force de frappe dans le rectangle des frappeurs. Il a frappé 36 circuits et produit 119 points avec les Red Sox en 2009.
Voltigeur de droite : Matt Stairs, Padres de San Diego
Le vétéran frappeur gaucher est l’un des deux Canadiens à avoir frappé plus de 250 circuits dans le baseball majeur, l’autre étant Larry Walker.
Frappeur désigné : Joey Votto, Reds de Cincinnati
Un autre bon jeune joueur canadien, Votto a frappé dans une moyenne de .322 avec 25 circuits avec les Reds de Cincinnati lors de la saison 2009.
Réservistes
Pierre-Luc Laforest, Capitales de Québec
Laforest a la puissance, l’expérience et la polyvalence pour avoir un impact dans un tel tournoi.
Luke Carlin, Diamondbacks de l’Arizona
L’ancien des Diamants de Québec est excellent défensivement à la position de receveur.
Nick Weglarz, Indians de Cleveland (AA)
Voltigeur de gauche partant lors de la Classique mondiale de 2009, Weglarz est encore considéré comme un solide prospect de l’organisation des Indians.
Chris Barnwell, Pirates de Pittsburgh (AAA)
Un vétéran des ligues mineures, Barnwell est le seul véritable joueur d’arrêt-court de l’équipe. Il peut apporter de la défensive en fin de partie, mais il ne possède pas un très bon coup de bâton.
Lanceurs partants
Ryan Dempster, Cubs de Chicago
Ayant participé à deux reprises au match des étoiles (2000 et 2008), Ryan Dempster a également remporté 28 victoires à ses deux dernières saisons.
Rich Harden, Rangers du Texas
Lorsqu’il est en santé, il possède le talent pour remporter un trophée Cy Young. Les blessures ont cependant ralenti le développement de ce puissant lanceur.
Erik Bedard, Mariners de Seattle
Le Franco-Ontarien était un sérieux prétendant au trophée Cy Young en 2007. S’il est de retour en forme, il sera l’un des meilleurs partants numéro trois des majeures.
Jeff Francis, Rockies du Colorado
Francis a raté la totalité de la dernière saison en raison de l’opération Tommy John. Il a remporté 44 victoires à ses trois premières saisons complètes dans les majeures.
Scott Richmond, Blue Jays de Toronto
Un véritable joueur-cendrillon, Richmond est passé du baseball indépendant jusqu’aux majeures en l’espace de quelques mois. Il a remporté huit victoires avec les Jays en 2009.
Releveurs
Jesse Crain, Twins du Minnesota
Année après année, il est l’un des meilleurs releveurs pour dresser la table au stoppeur Joe Nathan. Il a signé 12 victoires en 2005.
Éric Gagné, Dodgers de Los Angeles
Les blessures ont fait dérailler la carrière de « Game Over ». Après avoir relancé sa carrière avec les Capitales, il tente un retour avec les Dodgers.
Blake Hawksworth, Cardinals de St. Louis
Une fiche de 4-0 et une moyenne de points mérités de 2.03 en 30 sorties avec les Cards l’année dernière.
Shawn Hill, Blue Jays de Toronto
L’ancien de l’organisation des Expos est un lanceur partant, mais il peut aussi bien lancer comme releveur.
John Axford, Brewers de Milwauke
Il a bien fait en sept sorties avec les Brewers la saison dernière. Il a retiré neuf frappeurs sur des prises en sept manches.
Steve Green, agent libre
Le vétéran lanceur québécois a été dominant au niveau AAA et il a aussi effectué un départ dans les majeures, en 2002.
Philippe Aumont, Phillies de Philadelphie (AA)
L’ancien choix de première ronde des Mariners a été échangé aux Phillies dans la méga-transaction impliquant Roy Halladay cet hiver. Il redevient un lanceur partant, mais il sait aussi lancer dans les situations critiques comme releveur.