Pierre-Luc Laforest toujours libre comme l’air

Les camps d’entraînement du baseball majeur sont ouverts depuis maintenant quelques jours. En fin de semaine dernière, les lanceurs et receveurs sont arrivés aux différents sites d’entraînement et le receveur par excellence du baseball indépendant en 2009, Pierre-Luc Laforest, brille par son absence.

Par Pier-Luc Nappert

Parfois, le monde du baseball – et du sport en général, vous me direz – est rempli d’incompréhension et d’énigmes. Pourquoi Laforest, le joueur de l’année 2009 dans la Ligue Can-Am, auteur de 29 circuits au niveau AAA en 2007, et ancien joueur du baseball majeur, n’a toujours pas reçu une invitation à un camp d’entraînement? Le numéro 39 des Capitales n’exige pourtant pas mer et monde aux dirigeants des équipes du baseball majeur. Il souhaite seulement pouvoir démontrer son savoir-faire et brouiller les cartes avec une équipe des majeures. Il accepterait volontiers de débuter la saison au niveau AAA. Malgré tout, les portes lui sont encore fermées…

Après avoir connu une saison formidable en 2007, au cours de laquelle il avait dominé le niveau AAA au chapitre des coups de circuit avant de terminer la saison dans le baseball majeur, avec les Padres de San Diego et les Phillies de Philadelphie, Laforest avait dû mettre une croix sur sa saison 2008, victime d’une blessure à l’épaule. Cette même blessure avait refroidi les ardeurs de plusieurs équipes du baseball majeur à l’aube de la saison 2009, ce qui explique pourquoi il s’était retrouvé à Québec la saison dernière. Il en a alors profité pour se refaire une santé, mettre des chiffres au tableau et prouver qu’il est un véritable gagnant en conduisant les Capitales jusqu’au championnat de la Ligue Can-Am.

Depuis, Laforest a tenté sa chance au Japon, mais une blessure à l’aine l’a quelque peu ralenti. Il a également participé à un essai organisé par l’ancien des majeures Rob Ducey en plus de s’exercer devant quelques recruteurs des ligues majeures. Mais, à ce jour, il attend encore une invitation.

Évidemment, Pierre-Luc Laforest a des lacunes et des facteurs qui jouent en sa défaveur. Malgré tous ses succès de la saison dernière, il a eu de la difficulté à frapper les lanceurs gauchers, comme l’a démontré sa moyenne de .236 contre eux. À l’image de plusieurs frappeurs de puissance, Laforest a été retiré beaucoup trop souvent au bâton, 91 fois en 336 apparitions au bâton. À 32 ans, il n’est plus une jeunesse.

Par contre, il a démontré – comme il l’a fait tout au long de sa carrière – des qualités très prisées par plusieurs organisations depuis la parution du fameux livre de Michael Lewis « Moneyball ». Il soutire une tonne de buts sur balles, son pourcentage de présences sur les sentiers est toujours très élevé, il frappe avec puissance, il est gaucher et il aussi un solide receveur défensif tout en étant suffisamment polyvalent pour évoluer au premier et au troisième coussin. Par ailleurs, pour l’avoir côtoyé tout au long de la saison dernière, Pierre-Luc Laforest est un individu de première classe, il très sympathique et son bagage d’expérience serait sans doute apprécié dans une formation.

Je concède que ce texte est teinté de favoritisme, mais je comprends mal que Laforest n’ait pas encore la chance de se tailler un poste. Les experts sont d’accord pour dire qu’il y a présentement une pénurie de receveurs dans les ligues majeures. Les bons receveurs offensifs sont très rares et la plupart des réservistes sont souvent plutôt faibles avec un bâton entre les mains. Il serait un candidat idéal pour une équipe à la recherche d’un frappeur suppléant et d’un receveur auxiliaire.

S’il ne parvient pas à se trouver un poste dans le baseball affilié, Laforest serait accueilli à bras ouverts par l’organisation des Capitales de Québec. Si toutes les équipes des majeures refusent de se prévaloir de ses services, les Capitales ne cracheront jamais sur un joueur et une personne d’une aussi grande qualité.

Réailisé par MOTW Sports