Le roi est mort...Vive le roi!

Descripteur des parties des Expos de Montréal à la radio pendant 33 ans et descripteur des rencontres des Capitales de Québec depuis 2006, Jacques Doucet vous invite à suivre son blogue de façon régulière sur le site internet des Capitales. N'hésitez surtout pas à lui poser des questions à l'adresse jdoucet@capitalesdequebec.com.   

Le roi est mort...Vive le roi!

C’est vraiment dommage…oui, bien dommage.

Eddie Lantigua est parti en claquant la porte et bien que je ne sois avec les Capitales que depuis quatre saisons, j’avais une très bonne relation avec celui que l’on surnommait à juste titre : « le roi du stade ».

Chaque fois que l’on se croisait sur le terrain ou encore dans le vestiaire, Eddie m’accostait en disant : « Comment vas-tu, légende vivante? » Et moi je lui répondais : «Très bien…et toi, la légende du coup de bâton? ».

Et cela me peine de dire que, malheureusement pour celui qui a adopté la citoyenneté canadienne, qui a établi domicile à Québec et qui a fait les délices des amateurs de baseball de la région au cours des quelques neuf dernières années, que le rôle de frappeur de choix était le seul qu’il pouvait vraiment remplir pour contribuer à la cause de l’équipe.

Du haut de mon studio de diffusion, j’avais de la peine à voir Eddie être en retard sur des rapides qui, il y a deux ans, se seraient retrouvées sur les terrain de tennis derrière la clôture du champ gauche…j’avais de la peine en le voyant anticiper une rapide qui était en fait une glissante au coin extérieur et qu’il ratait par un pied…je souffrais avec lui lorsqu’il filait péniblement du premier coussin au troisième but sur un coup sûr au champ droit ou encore qu’il s’arrêtait au troisième coussin sur un simple alors qu’il aurait dû marquer facilement sur le coup sûr d’un coéquipier.

Je me mordais la langue pour ne pas le critiquer quand il ne faisait pas d’efforts pour tenter de capter une balle qui passait à quelques pieds de lui au premier coussin. Pourquoi? Parce que je respectais et que j’aimais Eddie!

Je reconnais que c’est un tableau dur que je dépeins de celui qui a terrorisé les lanceurs ennemis au cours de sa carrière, mais c’est celui que je vois avec les yeux d’un observateur aguerri et non avec les yeux d’un athlète qui refuse d’admettre qu’il a ralenti au point de ne plus être en mesure de remplir le rôle qui lui revenait lorsqu’il était au sommet de sa forme.

Eddie est un homme fier et comme tous les Latins, il a le sang chaud et un tempérament bouillant. Il se dit capable d’accomplir ce qu’il accomplissait lorsqu’il était plus jeune. Mais, à mes yeux, il se ment à lui-même.

Depuis plusieurs années, on se pose la question dans le monde du sport professionnel, à savoir si le sentiment a toujours sa place. Les temps ont changé. Il n’y a plus de place pour le sentiment.

Lorsque Eddie Lantigua accuse son gérant Michel Laplante d’être un bonhomme qui l’a déprécié, qui n’a jamais reconnu tout ce qu’il a fait  pour l’organisation des Capitales de Québec je peux vous assurer qu’il est dans l’erreur.

Combien de fois, face aux gens des médias ou encore dans les réunions de l’état major des Capitales, ai-je vu Michel Laplante se porter à la défense de celui qui portait le numéro 31.

Michel Laplante n’est pas un homme ou un gérant insensible. Ceux qui ont le privilège de le côtoyer sur une base quotidienne vont le jurer sur l’Évangile.

Dommage Eddie…tu vas me manquer.

Mais que veux-tu. La loi est inexorable. Comme au Moyen-Age, quand un roi décédait, on réagissait de la sorte :
« Le roi est mort…Vive le roi! »

 

Réailisé par MOTW Sports