Éric Gagné arrive à Québec avec comme objectif de revenir dans les majeures. Le chemin qu’il a choisi pour y arriver passe par la maîtrise du rôle de lanceur partant, position qu’il a occupée en début de carrière. Québec lui donne l’opportunité, en quelque sorte, de se refaire une beauté afin de plaire à une organisation du baseball majeur.
Le séjour de celui que l’on surnommait Game Over et qui remporta le trophée Cy Young en 2003 profitera à tout le monde. L’organisation, ses coéquipiers, la ligue et même la Ville de Québec bénéficieront des retombées de sa présence dans l’uniforme des Capitales.
Le célèbre numéro 38 n’est pas le premier joueur vedette des majeures à débarquer à Québec. En effet, historiquement le Stade municipal a accueilli, depuis son ouverture, plusieurs anciennes étoiles comme membre des différentes équipes locales.
Évidemment le contexte de leur présence était totalement différent. Ces joueurs, tous en fin de carrière, étaient embauchés à titre de joueur-instructeur.
Néanmoins, les amateurs de Québec furent choyés de voir évoluer, dès 1939, le premier-but Del Bissonnette. La carrière du franco-américain fut relativement courte dans la ligue Nationale, mais non moins illustre.
Il ne joue que durant 5 ans avec Brooklyn, mais à son année recrue. il domine la ligue Nationale pour le nombre de parties jouées. Il termine la campagne de 1928 avec une moyenne au bâton de .320, frappant 25 coups de circuit tout en faisant produire 106 points. Habile cogneur, il frappe pour .336 en 1930. Une grave blessure à une jambe met un terme à sa carrière dans les majeures.
Il se retrouve à Québec en 1939 avec les Athlétiques de la ligue Provinciale. Par la suite, les Braves de Boston l’embauchent comme gérant en 1945.
En 1949, c’est au tour de Frank McCormick (photo) de débarquer à Québec. Également ancien joueur de premier coussin, sa carrière fut plus longue et plus fructueuse. Il joue de 1934 à 1948, principalement avec les Reds de Cincinnati avec qui il remporte le titre de joueur le plus utile à son équipe et la Série Mondiale en 1940.
Il domine la ligue Nationale au chapitre des coups sûrs en trois occasions et une fois pour les points produits. Il fut choisi pour participer à la classique du match des étoiles en 9 occasions. McCormick ne reste à Québec qu’une seule saison, toutefois, son équipe, les Braves, remporte le championnat de la ligue CANAM.
George McQuinn est le successeur de McCormick. Encore une fois, l’ancienne vedette des Browns de St-Louis et des Yankees de New York est un joueur de premier-but. McQuinn joue dans les majeures de 1936 à 1948. Membre de l’organisation des Yankees à l’origine, il poireaute dans les mineures à cause d’un certain Lou Gerigh.
Il est repêché par les Browns de St-Louis avec qui il participe à la Série Mondiale en 1944. Il prend part à 7 parties des Étoiles, dont deux comme membre des Yankees, qui l’ont rapatrié en 1947. En tant que gérant des Braves de Québec, McQuinn remporte 4 championnats en 5 ans. Au terme de la saison 1954, il quitte la Vieille Capitale et est remplacé par Sibby Sisti.
Le vétéran joueur d’utilité, originaire de la région de Buffalo, passe l’ensemble de sa carrière avec les Braves de Boston et de Milwaukee. Sisti fut le joueur-instructeur qui participa au plus grand nombre de rencontres à Québec, soit 88 en 1955. Il fut également le plus jeune à 34 ans.
La situation d’Éric Gagné est bien différente de celle des joueurs mentionnés précédemment, mais sait-on jamais, peut-être développera-t-il le goût de redonner aux plus jeunes le fruit de ses connaissances et de l’expérience acquises au cours de sa prolifique carrière.
Par Daniel Papillon