Pete Gray
par Daniel Papillon
La pratique d’un sport professionnel demande assurément de grandes qualités athlétiques. Atteindre les ligues majeures malgré un handicap physique important dénote un niveau de détermination exemplaire.
C’est l’histoire de Pete Wyshner, mieux connu sous le nom de Pete Gray, que les amateurs de baseball du Québec ont découvert en 1938 alors qu’il s’alignait avec Trois-Rivières dans la ligue Provinciale indépendante.
Né à Nanticoke en Pennsylvanie en 1915, on lui ampute le bras droit (au-dessus du coude) suite à un accident alors qu’il n’est âgé que de six ans.
Malgré ce fait, son engouement et sa passion pour le baseball ne sont en rien affectés. Il continue à pratiquer son sport préféré et rêve même de jouer au Yankee Stadium.
Il est embauché par Trois-Rivières en juillet 1938. Le nouveau voltigeur de centre devient aussitôt la coqueluche des amateurs trifluviens. À sa première partie, dimanche le 17 juillet, il frappe deux coups sûrs et réussit un vol du marbre. Les 5 000 spectateurs présents sont tout simplement emballés.
Deux semaines plus tard, il réussit un coup de circuit lors d’une visite à Sorel. Il termine la saison avec une excellente moyenne au bâton, soit .306.
Il est de retour à Trois-Rivières après une absence de trois ans. L’équipe, surnommée aujourd’hui les Renards, fait maintenant partie du baseball organisé étant membre de la ligue Canado-Américaine, circuit de classe « C ».
En 1942, il joue une saison complète et remporte le championnat des frappeurs avec une moyenne de .381. Ses succès lui ouvrent les portes des niveaux supérieurs des ligues mineures. Avec Memphis en 1944, il est choisi le joueur le plus utile à son équipe.
Son rêve de jouer dans les majeures se concrétise en 1945. Les Braves de St-Louis (qui deviendront les Orioles de Baltimore en 1954) lui donnent l’occasion de se faire valoir. Il joue 77 parties avec l’équipe de la ligue Américaine.
Son séjour dans les ligues majeures est cependant moins fructueux, en particulier au bâton. Il termine avec une modeste moyenne de .218. Il connaît toutefois une partie mémorable le 19 mai au Yankee Stadium obtenant 5 coups sûrs.
Après sa libération par St-Louis, il retourne dans les mineures où il joue encore quelques saisons. Puis, il revient chez lui en Pennsylvanie. Son après-carrière s’avèrera difficile.
Rongé par des problèmes de jeux et d’alcoolisme, il passe le reste de sa vie à s’interroger à savoir si c’est son talent ou encore le fait qu’il soit une attraction à cause de son handicap qui lui a valu sa carrière dans le baseball.
Pete Gray demeure néanmoins un exemple de détermination. |