La petite histoire du baseball (partie 5)
par Daniel Papillon
La décennie des années 50 prend fin alors qu’un vent d’expansion souffle sur le baseball majeur. En effet, en 1959, une nouvelle ligue s’organise; il s’agit de la ligue Continentale. Huit villes manifestent de l’intérêt pour être membre (Houston, Toronto, New York, Minneapolis-St-Paul, Buffalo, Atlanta, Dallas et Denver) et Branch Rickey est choisi pour mener le projet à terme. Malheureusement, avant même d’avoir joué une seule partie, prévue pour la saison 1961, on décide de renoncer en août 1960.
Le baseball majeur, pour qui une nouvelle ligue aurait été une menace, réagit immédiatement. Depuis l’avènement de la ligue Américaine en 1901, il n’y avait eu aucune expansion dans les deux ligues majeures. Seules des relocalisations avaient modifié le portrait des seize équipes qui forment l’ensemble des ligues Nationale et Américaine.
Le baseball connaîtra pour la première fois une expansion. La ligue américaine est la première à s’agrandir. D’abord, à la fin de la saison 1960, on annonce le déménagement des Sénateurs de Washington en direction du Minnesota où ils deviendront les Twins.
Les propriétaires étaient plus ou moins d’accord avec cette décision. Ils craignaient qu’en abandonnant le marché de Washington, le Congrès américain pourrait revenir sur sa décision de maintenir l’exemption à la loi anti-monopole et la clause de réserve.
L’expansion de 1961 comprendra donc les villes de Washington et de Los Angeles. Ainsi, il n’y aura pas eu d’arrêt dans la capitale américaine et l’on choisit même de nommer l’équipe Sénateurs à nouveau. Du côté de Los Angeles, les Angels débutent leur histoire en jouant une saison au vieux Wrigley Field (celui de Los Angeles) pour une saison.
Dans la Nationale, c’est en 1962 que l’on ajoute deux formations. New York, qui avait perdu les Giants et les Dodgers en 1958, sera représenté dorénavant par les Metropolitans (mieux connus sous le nom de Mets). La ville de Houston se joint également à la ligue avec les Colt.45’s (ils deviendront les Astros).
La presque totalité des villes qui devaient composer la ligue Continentale se retrouveront éventuellement avec une franchise des majeures. La seule exception étant Buffalo.
En 1961, le calendrier de la ligue américaine passe de 154 à 162 parties. Cette situation créera une controverse lorsque Roger Maris surpassera le record de Babe Ruth pour le nombre de coups de circuit en une saison avec 61. Le commissaire de l’époque, Ford Frick, apposera un astérisque à côté du nouveau record de Maris, prétendant qu’il fut réussit dans un plus grand nombre de parties.
En 1966 les Braves de Milwaukee, qui étaient arrivés de Boston en 1953, se dirigent maintenant du côté de Kansas City qui eux provenaient de Philadelphie, joueront à l’avenir à Oakland.
En 1968, le baseball majeur annonce l’addition de 4 nouvelles équipes, 2 dans chaque ligue, ce qui portera le total à 24 pour le début de la saison 1969. Pour la première fois de l’histoire du baseball, une équipe ne sera pas américaine; c’est la naissance des Expos de Montréal.
La première partie officielle jouée en dehors des États-Unis a lieu le 14 avril 1969 au Parc Jarry. En moins d’un an, beaucoup d’efforts ont été faits pour transformer un stade de baseball junior en un stade des ligues majeures.
Les autres villes qui font partie de l’expansion sont; San Diego dans la ligue Nationale et Kansas City et Seattle dans la ligue Américaine. L’aventure des Pilots de Seattle sera de courte durée, après une saison seulement, ils déménageront à Milwaukee.
Avec le nombre toujours grandissant d’équipes, le baseball connaît un changement important en 1969. Chacune des deux ligues est composée de deux divisions de six équipes. Pour la première fois, des séries de championnat sont présentées. Auparavant, le baseball était le seul sport où il n’y avait pas de rondes éliminatoires. L’ équipe qui terminait en tête dans chacune des deux ligues se retrouvait en Série Mondiale.
La stabilité ne dure que quelques années, en 1972 les Sénateurs de Washington déménagent au Texas et deviennent les Rangers. Quelques années plus tard, la ligue Américaine ajoute deux autres franchises. Une deuxième équipe canadienne voit le jour en 1977; les Blue Jays représenteront la ville de Toronto. Seattle fait également un retour dans les majeures cette même année.
Au cours des seize années suivantes, le baseball ne connaît pas de changement, du moins, en ce qui concerne les franchises et les séries d’après saison.
En 1993, la ligue Nationale, qui comptait toujours deux formations de moins que l’Américaine, octroie des concessions aux Marlins de la Floride et aux Rockies du Colorado. L’années suivante, les deux ligues décident d’avoir 3 divisions au lieu de 2. Pour les éliminatoires, en plus des 3 champions de division, une quatrième équipe peut se qualifier. C’est l’apparition du « meilleur deuxième ».
Le baseball connaît une dernière expansion en 1998. Les Diamondbacks de l’Arizona deviennent membre de la Nationale et les Devil Rays de Tampa Bay de l’Américaine. Cette même année, les Brewers de Milwaukee ne déménagent pas, mais change plutôt de ligue.
Le dernier déménagement survient après la saison 2004, nos Expos « nos amours », après une longue agonie, sont re-localisés à Washington sous le nom de Nationals. Après 36 ans de baseball majeur à Montréal et des décennies de baseball mineur, la ville se retrouve maintenant sans baseball.
Plusieurs autres événements survenus au cours de cette période méritent d’être mentionnés. En voici un survol rapide.
1962: Les propriétaires adoptent le Player Development Plan. Ceci assure une source de financement aux équipes du baseball affilié. On met en place également une nouvelle classification dans le baseball mineur.
C’est aussi une année record pour la représentation québécoise dans le baseball majeur. Pas moins de 6 joueurs s’y retrouvent en même temps, soit; George Maranda, Claude Raymond, Ron Piché, Raymond Daviault, Tim Harkness et Pete Ward.
1965: Début du système de repêchage et apparition de la première surface synthétique à Houston (astroturf).
1966: L’association des joueurs engage Marvin Miller. Ce dernier négociera 5 contrats de travail au cours des 17 années qu’il passe à la barre du syndicat des joueurs. Il représente un acteur important dans ce qui allait transformer le monde du baseball.
1968: L’année dite des lanceurs. Dans la Nationale Bob Gibson termine la saison avec une m.p.m. de 1.12 et dans l’Américaine Denny McLain remporte 31 victoires. Le dernier à atteindre le cap des 30 victoires. L’année suivante, afin d’ajouter un peu plus d’offensive, on rapetisse la zone des prises et on abaisse le monticule.
1969: Suite à une menace de grève, les joueurs font des gains au niveau des salaires minimums et de leur fond de pension, mais ils gagnent un droit qui allait devenir important et très significatif pour eux, celui d’être représenté par un agent.
1972: Autre gain pour les joueurs, celui du droit à l’arbitrage. La règlementation entourant l’arbitrage changera au fil des ans.
1973: Adoption du règlement du frappeur désigné dans la ligue Américaine.
1975: Jugement important dans les relations de travail entre le baseball majeur et l’association des joueurs. L’arbitre Peter Seitz accorde l’autonomie aux lanceurs Andy Messersmith et Dave McNally respectivement des Dodgers de Los Angeles et des Expos de Montréal. C’est le début de l’ère des joueurs autonomes.
Les Indiens de Cleveland embauchent Frank Robinson comme gérant. Il devient ainsi le premier noir à occuper cette position dans les majeures. Sam Bankhead avait été le premier dans les mineures en 1951 avec la formation de Farnham ici au Québec.
1992: Première « vraie » Série Mondiale. Pour la première fois depuis 1903 une des deux équipes participantes ne sera pas américaine. D’ailleurs, les Blue Jays de Toronto remportent cette Série.
Plusieurs autres évènements ont assurément marqué l’histoire du baseball. Certains de ceux-ci seront traités de façon particulière dans d’autres chroniques. |