La petite histoire du baseball (partie 2)


par Daniel Papillon 

Après 1901, les deux grandes ligues majeures sont bien en place. Évidemment, des changements au niveau de l’organisation surviendront, il y aura même des tentatives pour établir une troisième ligue majeure (nous verrons les détails plus loin).

Du côté des ligues mineures, 1901 est également une année charnière. En effet, le 5 septembre, on assiste à la création de la « National Association ». Une organisation qui chapeaute, encore aujourd’hui, le fonctionnement des ligues mineures.

Tout est maintenant en place, pour que le baseball dans son ensemble, connaisse une période de prospérité. Il ne manque qu’une autorité suprême pour trancher lors de certains conflits. Pour pallier à ce problème, un comité de 3 personnes est mis sur pied pour faire appliquer, notamment, le « National Agreement ». Ce comité portera le nom de « Commission Nationale ». Il aura beaucoup de succès à maintenir la paix  entre les ligues et pour neutraliser deux tentatives de syndicalisation. Ce comité est, ni plus ni moins, la cour suprême du baseball.

Dans la ligue Américaine, la concession de Baltimore déménage à New York en 1903. Elle prend le nom de Highlanders, mais elle deviendra éventuellement celle des Yankees.

À la fin de la saison, les Pilgrims de Boston affrontent les Pirates de Pittsburgh lors de la première Série Mondiale « officielle ». Malheureusement, l’année suivante, John McGraw, le gérant  des Giants de New York, refuse d’affronter Boston et il n’y a pas de présentation de Série Mondiale. Il faudra attendre 90 ans pour voir une autre Série Mondiale annulée (cette fois; en raison d’une grève).

Cette période (1901-1920) est connue dans le baseball sous le nom de « Deadball Era ». Elle est caractérisée par la domination des lanceurs. Les Cy Young, Walter Johnson, Christy Mathewson et Grover Cleveland Alexander sont les vedettes de l’époque. Ils ont d’ailleurs tous été élus au Temple de la renommée.

Du côté des frappeurs, on utilise davantage des stratégies comme: le  court et frappe, le but volé et le coup retenu. Une des étoiles de la ligue Américaine est Ty Cobb qui remporte 13 championnats des frappeurs dont 9 de suite. Dans la ligue Nationale, Honus Wagner, des Pirates de Pittsburgh, réussit l’exploit à 8 reprises.

Napoléon Lajoie, l'une des plus grandes vedettes des années 1910Parmi les autres vedettes, on peut mentionner les noms de Joe Jackson et Napoléon Lajoie. Ce dernier est originaire de Woonsocket au Rhode Island, cependant, ses parents étaient natifs du Québec.

Cette période prend fin avec un scandale important dans l’histoire du baseball, celui des « Black Sox » de Chicago en 1919. Huit joueurs des White Sox, dont Joe Jackson, étaient accusés d’avoir perdu volontairement la Série Mondiale de 1919. Pour faire la lumière sur ce scandale, on mit fin à l’existence de la commission nationale en 1921 et on nomma un premier commissaire, le juge Kenesaw Mountain Landis. Son premier geste fut de bannir à vie les huit joueurs accusés.

Quelques éléments survenus au cours de cette période méritent aussi d’être mentionnés, car certains influenceront le baseball à jamais. D’abord, la popularité de ce sport connaît une progression phénoménale. Entre 1903 et 1911, les assistances ont plus que doublées, passant de 4,7 millions de spectateurs à 11 millions.

Pour accueillir tout ce beau monde, plusieurs stades sont construits, dont onze entre 1909 et 1914. C’est le cas notamment, du Fenway Park, du Tiger Stadium, du Wrigley Field et du Comiskey Park. Caractéristique principale de ces nouveaux stades; ils sont dorénavant en ciment et en acier; donc à l’épreuve du feu. Un fléau qui avait coûté cher à plusieurs propriétaires.

En 1908, un fait qui semble plutôt anodin à l’époque, est la composition par Jack Norworth du texte de la fameuse chanson « Take me out to the ballgame ». À l’origine composée pour une comédie musicale de Broadway, elle est, encore aujourd’hui, jouée dans tous les stades de baseball à la 7e manche.

En 1914, le baseball majeur subit une nouvelle menace sous la forme d’un nouveau concurrent; la ligue Fédérale. Elle existera seulement pendant deux saisons (1914-15) mais, elle laissera un héritage important.

Malgré la fin des activités de la ligue Fédérale, la franchise des Terrapins de Baltimore intente une poursuite contre la ligue Nationale invoquant la loi anti-monopole américaine. La cause connaîtra son dénouement 7 ans plus tard, soit le 29 mai 1922, dans un jugement de la cour Suprême des États-Unis. Celle-ci, de façon unanime, exempte le baseball majeur de la loi anti-monopole et permet ainsi l’application des règles de fonctionnement que la ligue veut bien établir. De plus, le jugement maintient en force la clause de réserve.

Cette décision unanime de la cour Suprême fut rédigée par Oliver Wendell Holmes et représenta une victoire très significative pour l’industrie du baseball.

L’autre partie de l’héritage qui nous vient de la ligue Fédérale, est le Wrigley Field. Construit en 1914, il était le domicile des Whales de Chicago et à l’origine portait le nom de Weeghman Park, en l’honneur de son propriétaire Charles Weeghman.

Enfin, au cours de cette période, la plus grande vedette de l’histoire du baseball fera ses débuts. Mieux connu comme frappeur de coups de circuit avec les Yankees, Babe Ruth était un lanceur étoile à ses débuts avec les Red Sox.

Curieusement, c’est un Québécois qui l’amènera au baseball majeur...

Suite (Partie 3)

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