14 avril 1969


par Daniel Papillon

Magnifique journée que celle du 14 avril 1969. Une journée idéale pour le baseball qui aurait pu faire dire à Ernie Banks « Let’s play two ». Dans un certain sens, un programme double était présenté au Parc Jarry. Bien sûr, une partie de baseball était prévue, mais il y avait également un rendez-vous avec l’histoire.

Le stade, qui encore quelques mois auparavant ne contenait que 3 000 sièges, est envahi par 29 184 spectateurs (sa capacité officielle est de 28 450). Quelque 6 000 d’entre eux ont dû patienter avant de s’asseoir que leur siège soit bien fixé.

L’atmosphère est à la fête, d’ailleurs cette ambiance est présente partout à Montréal depuis quelques semaines. Les Expos sont rapidement devenus les coqueluches des Montréalais.

La cérémonie protocolaire débute par la présentation de quelques dignitaires. Le maire Drapeau reçoit une ovation; on ne peut en dire autant pour le Premier ministre du Québec, l’Honorable Jean-Jacques Bertrand, qui est copieusement hué.

La présentation des deux formations en présence est faite par Claude Mouton et l’hymne national canadien est interprété par Monique Gaube. Lorsque l’arbitre au marbre crie le traditionnel « Play ball », une page de l’histoire du baseball se tourne.

Cent ans après la naissance des Red Stockings de Cincinnati, la première équipe professionnelle, le baseball majeur sort des Etats-Unis. Aucune partie du calendrier régulier des ligues Nationale et Américaine ne fut jouée ailleurs que chez nos voisins du sud depuis 1876.

Les visiteurs pour ce match historique sont les Cards de St-Louis, qui à l’automne précédent perdirent la Série Mondiale aux mains des Tigers de Détroit.

Les Expos arrivent d’un court séjour de six parties à l’étranger où ils ont remporté deux victoires. Les lanceurs partants sont Larry Jaster pour l’équipe locale et Nelson Briles pour les visiteurs du Missouri.

Jaster et Briles ne dépassent pas la 4e manche. Les Expos prennent rapidement les devants 6 à 0, mais tout s’effondre en 4e manche lorsqu’ils commettent 5 erreurs et voient les Cards marquer 7 points.

Dan McGinn s’amène en relève et offre une solide performance. En 5 manches et un tiers, il n’accorde que trois coups sûrs. Il aide sa cause en 7e manche lorsqu’il frappe un simple pour faire marquer Coco Laboy et redonne l’avance aux Expos 8 à 7. D’ailleurs, ce point s’avèrera le point victorieux.

Parmi les vedettes de la rencontre, il faut signaler pour les Cards la performance de 4 coups sûrs en 5 présences pour Curt Flood, le grand chelem de l’arrêt court Dal Maxvill et le circuit de deux points de Joe Torre.

Chez les Expos, outre la prestation de McGinn, Rusty Staub frappe en lieu sûr à deux reprises, mais la vedette du jour est, sans conteste, le voltigeur de gauche Mack Jones.

Jones cogne un circuit et un triple faisant produire cinq points. Du même coup, il devient l’enfant chéri des spectateurs situés derrière la clôture du champ gauche. Cette section du Parc Jarry sera connue dorénavant sous le nom de Jonesville.

Après la rencontre, le gérant des Expos, Gene Mauch y va de commentaires fort élogieux pour les partisans; « ce genre d’atmosphère est on ne peut plus excellent. Les partisans sont à la hauteur de ceux d’Ebbets Field et des anciens Dodgers. Chaque lancer les excite ».

La belle aventure de « nos amours » s’amorçait; malheureusement elle prit fin en 2004 au Shea Stadium de New York, le même endroit où elle avait si bien commencée par une victoire de 11 à 10, le 8 avril 1969.

Alignement de départ du 14 avril 1969

St-Louis                     Montréal
Lou Brock  c.g.         Don Bosch  c.c.
Curt Flood  c.c.         Maury Wills a.c.
Vada Pinson c.d.     Rusty Staub c.d.
Joe Torre  1b            Mack Jones c.g.
Mike Shannon 3b    Bob Bailey         1b
Tim McCarver R       John Bateman R
Julien Javier 2b       Coco Laboy 3b
Dal Maxvill a.c.         Gary Sutherland 2b
Nelson Briles l.        Larry Jaster l.

 

Réailisé par MOTW Sports